lundi 23 septembre 2013

Jeune et Jolie

Avant de commenter le formidable Grand Prix cinéma de Elle auquel j'ai eu le plaisir de participer ce week-end, quelques mots sur Jeune et Jolie, de François Ozon.
Vu vendredi dernier, ce film intrigant et dérangeant m'a trotté un moment dans la tête, bien que j'aie eu du mal à entrer dedans au début.  
De ce que pense, cherche, vit et ressent l'héroïne de 17 ans, on n'apprendra rien, on ne pourra formuler que des hypothèses. Comme dans la vraie vie : peut-on jamais savoir ce que pensent et vivent les gens qui nous entourent, s'ils ne nous le confient pas ? Il n'y a finalement au cinéma ou dans la littérature qu'on nous décrypte obligeamment les sentiments des autres !
Ici on devine, on observe, on suppose. Pas de démonstration didactique, pas de morale de l'histoire. J'ai aimé suivre cette opaque Isabelle et chercher à comprendre, sans jamais en être sûre, ce qu'elle poursuit dans ces relations anonymes et tarifées, dont elle ne dépense pas les gains tout en refusant d'en être spoliée. 
Ce n'est en aucun cas un film sur la prostitution, c'est plutôt un film sur la quête de soi, comme le très beau Le Refuge du même Ozon avec Isabelle Carré. C'est très bien filmé, interprété et construit, et ça marche si l'on accepte l'absence de réponse rationnelle et rassurante. 
Un point cependant : les clients d'Isabelle ne peuvent pas ne pas savoir qu'elle est mineure malgré les 20 ans qu'elle annonce. Mais ils choisissent de se cacher derrière leur petit doigt et ne se posent surtout pas trop de question…

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