Adaptation très fidèle de l'excellente BD par Bertrand Tavernier, Quai d'Orsay est un exercice brillant qui traduit efficacement l'énergie et le chaos des antichambres ministérielles, et la démesure du personnage du fameux Ministre. Quelques trouvailles visuelles parviennent à restituer l'effet tornade du dit Ministre, bien campé par Thierry Lhermitte, plus à l'aise cependant dans la gestuelle et ses emportements que dans les (rares) dialogues à peu près calmes. Niels Arestrup, chef de cabinet, est magnifique en cheville ouvrière qui dénoue les pires crises sans se départir d'un calme olympien avec lequel il neutralise les envolées du Ministre. Raphaël Personnaz est parfaitement juste en idéaliste fasciné par le Ministre et dépassé par les événements.
Un regret quand au scénario : toute l'histoire retrace les moments qui précèdent le fameux discours de Villepin à l'ONU pour exprimer la position de la France sur la guerre en Irak. Or les extraits décousus du discours final montrés dans le film le vident de son sens et laissent une impression d'absurdité qui ne correspond ni à la réalité ni aux intentions de la BD.
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